Le reconditionné : un mode de consommation respectueux de l'environnement

person Posté par: Gianni list In: News Sur: comment Commentaire: 0 favorite Frappé: 683

Acheter un appareil reconditionné plutôt que neuf est intéressant à plus d’un titre : vous préservez les ressources de la planète, réduisez les déchets à traiter et faites des économies.

Un moyen de réduire son impact environnemental

En effet, acheter un téléphone reconditionné est un geste écologique puisque cela prolonge la vie des appareils et évite d’utiliser toujours plus de ressources pour fabriquer des objets neufs.

Les études affirmant qu’acheter un téléphone portable reconditionné permet de limiter largement son impact environnemental se succèdent de plus en plus :

  • L’étude de Remade affirme que l’impact d’un smartphone reconditionné est équivalent à 10 % de celui d’un neuf ;

  • L’impact carbone pour la fabrication d’un iPhone 7 neuf passe de 56 kg de CO2 à 9 kg pour son équivalent reconditionné (soit 84 % de CO2 en moins) ;

  • Selon Apple, la confection et l’utilisation d’un iPhone 12 produirait 85 kg de CO2. La fabrication de l’appareil représenterait à elle seule 83% de ces émissions ;

Les impacts des nouvelles technologies sur l'environnement

Le dérèglement climatique rime souvent avec l’industrie pétrolière et du transport au sens large. Pourtant, nos technologies ont aussi leur part de responsabilité.

Des chercheurs de l’université canadienne McMaster ont publié une étude portant sur l’impact des nouvelles technologies sur le dérèglement climatique.

D’après eux, la part des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) pourrait atteindre 14% du total des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, une nette augmentation comparée aux 1,6% de 2007. Cela représenterait plus de la moitié des émissions causées par l’industrie du transport. Nos smartphones ne sont clairement pas innocents dans cette affaire.

Tout commence avec la production du smartphone. Sur 24 mois, 85 à 95% des émissions en CO2 d’un smartphone sont dus à sa fabrication, et plus particulièrement à l’extraction des métaux rares. Or, la guerre que se livrent les fabricants, ainsi que les opérateurs, fait que le cycle de renouvellement est de l’ordre de 18 mois en moyenne. Au final, acheter un smartphone neuf produit autant de CO2 que recharger et utiliser un smartphone pendant une décennie.

L’exploitation des mines conduit notamment à la destruction d’écosystèmes et à de multiples pollutions de l’eau, de l’air et des sols. Les activités métallurgiques et électroniques ont aussi beaucoup d’impacts et sont énergivores.

La fabrication des smartphones pose également problème d’un point de vue social et éthique. Les conditions de travail sont bien souvent déplorables et violent les droits humains fondamentaux. L’extraction de minerais comme l’étain, le tantale, le tungstène et l’or conduit à alimenter des conflits armés aux dépens des populations locales.

En Chine, l’exploitation du néodyme, utilisé pour le vibreur des smartphones, génère des rejets d’eau acide et des déchets chargés en radioactivité et métaux lourds.

Au Chili, en Argentine et en Bolivie, l’utilisation massive d’eau pour la production de lithium (métal présent dans les batteries des smartphones) provoque des conflits d’usages avec les populations locales, au point de compromettre leur survie.

Selon l’UNICEF, plus de 40 000 enfants travailleraient dans les mines du sud de la République Démocratique du Congo, notamment pour le cobalt et le coltan, des minerais stratégiques que l’on retrouve dans les batteries et les condensateurs des smartphones.

Trajet de la fabrication d'un smartphone
Source : Les impacts du smartphone par l'ADEME

Les déchets d’équipements électriques et électroniques représentent aussi un problème.

En effet, selon Eurostat, ces déchets représenteraient un volume supérieur de 12 millions de tonnes par an dans l’Union européenne. La collecte de ce type de déchets constitue un problème majeur pour l’environnement, puisque seulement 17,4% de ces déchets sont correctement collectés et recyclés, le reste est brûlé ou abandonné en décharge. Ces derniers constituent un mélange complexe de composants toxiques causant des problèmes sanitaires majeurs aux populations. Les habitants installés à proximité des décharges sont ainsi exposés à des matériaux dangereux dénoncés par les Nations Unies, tels que le mercure et le cyanure, dont les émanations peuvent provoquer de graves lésions cérébrales.

Il y a aussi le plastique, dérivé de carburants fossiles, est un composant important des appareils électroniques et électroménagers, avec les conséquences que l'on connaît sur l'environnement. Un smartphone est composé à environ 40% de plastique, souvent mélangé à d’autres produits chimiques, ce qui ne le rend qu’en partie recyclable.

Des pratiques encore très consuméristes

Si la production d’un smartphone est le principal responsable de ses émissions en CO2, alors on peut en limiter l’impact en prolongeant sa durée de vie au maximum.

Pourtant, 88 % des Français changent de téléphone portable alors que l’ancien fonctionne encore. Effet de mode, obsolescence des systèmes, manque d’entretien nous font remplacer rapidement nos appareils mais ce n’est pas sans conséquence.

Remplacer trop rapidement les appareils génère de lourdes conséquences environnementales et sociales : épuisement des ressources, atteintes à la biodiversité dues aux rejets toxiques dans l’environnement, émission de gaz à effet de serre…

En utilisant votre smartphone le plus longtemps possible, vous évitez la production de nouveaux appareils et vous préservez l’environnement et les populations !

Effet de mode et tendance des derniers smartphones

Des solutions pour réduire son impact

Achetez plus durable : un téléphone d’occasion ou reconditionné, un modèle conçu pour durer (solide, démontable, réparable, évolutif) avec une batterie remplaçable, une connectique complète (port audio jack, port USB...) et un chargeur universel.

Dans cet ordre d’idée, le Parlement Européen a d’ailleurs voté une résolution défendant un droit à la réparabilité pour les produits électroniques. Un « indice de réparabilité » sera précisé sur les étiquettes des produits dès le 1er janvier 2021 en France, et les députés européens ont également demandé à la Commission de faire en sorte que les réparations d’appareils électroniques soient « plus attrayantes, systématiques et peu coûteuses ». L'obsolescence programmée est clairement dans le viseur des députés, voilà de quoi conditionner le choix des consommateurs.

Prenez soin de votre smartphone : cela peut sembler anodin, mais cela peut éviter jusqu’à 40 % des pannes ! Protégez votre téléphone avec une coque et une vitre de protection pour l’écran, laissez-le reposer quand il commence à surchauffer notamment après avoir longtemps utilisé un jeu ou le GPS.

Réparez-le : Si votre téléphone a moins de 2 ans et qu’il tombe en panne, faites jouer la garantie légale auprès de votre vendeur. Sinon, faites appel au SAV du constructeur ou rapprochez-vous d’un réparateur indépendant. À savoir : 80 % des réparations concernent des écrans brisés.

Donnez-lui une seconde vie : Vendez-le ou donnez-le à quelqu’un de votre entourage ou à une structure de réemploi (Ressourceries, recycleries, réseau Emmaüs, reconditionneur...). Rapportez-le en magasin : les distributeurs ont l’obligation de reprendre vos anciens appareils. Les téléphones collectés sont ensuite reconditionnés ou recyclés, selon leur état.

Le basculement progressif d’une économie consumériste à une économie circulaire

Si les arguments écologiques et économiques en faveur des smartphones reconditionnés sont si significatifs, alors pourquoi ne s’imposent-ils pas comme une évidence pour un nombre plus important de consommateurs ?

Peut-être parce qu’il reste au reconditionné un ultime obstacle à franchir : celui de l’inavouable caractère statutaire associé aux smartphones. Pour de nombreux consommateurs, posséder le tout dernier modèle est avant tout une question d’image, d’effet de mode. Consciemment ou non, le téléphone est souvent perçu comme un signe extérieur de richesse.

Toutefois, au fur et à mesure que nous basculons d’une économie consumériste à une économie circulaire, l’esprit des consommateurs évolue. Un nouveau modèle systémique, celui du développement durable, gagne du terrain partout en Europe. Dans cette nouvelle ère, les consommateurs éclairés ne sont plus ceux qui achètent le dernier modèle de smartphone, mais ceux qui lui préfèrent une version précédente reconditionnée. Le reconditionné est-il en passe de devenir le nouveau chic ? Si tel est le cas, les cinq premières lettres du mot smartphone prendront alors tout leur sens.

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